Démystifier l’espionnage pour mieux protéger l’entreprise
Toutes les grandes entreprises possèdent une cellule dite de « veille concurrentielle ». Cette veille est vitale pour les entreprises et est tout à fait légale. Quoi de plus normal que de surveiller les nouveaux produits de ses concurrents ? Cependant, certains n’hésitent pas à passer la frontière qui sépare la veille de l’espionnage caractérisé. L’ouverture des entreprises à Internet ne fait que faciliter la tâche des espions modernes. L’intelligence
économique a toujours été partie prenante de la
vie des états et des industries militaires, mais cette pratique
s’est aujourd’hui diffusée au sein de toutes les
entreprises. Qui sont les
espions et à qui profite le crime ? Il n’existe pas de profil-type d’espion, mais ils ont un point commun : les informations volées ont une valeur pour eux. Cette valeur peut être simplement pécuniaire (revente de la base de prospection), mais également politique (plan de licenciement dévoilé avant l’annonce officielle, délit d’initiés, etc). Pour savoir qui sont ses ennemis, il faut impérativement se poser ces questions : quelles sont les informations qui ne doivent pas être divulguées, et surtout, qui est en mesure de les voler et d’en tirer profit ?
Mais que cherchent-ils ? Autre point important : l’espion est la recherche d’une source d’information continue, une source régulièrement mise à jour sur laquelle il peut fréquemment venir se servir. La question que l’entreprise doit donc se poser est : Où peut-on trouver des fichiers importants, consolidés et toujours à jour ?
Dès lors, un grand nombre de possibilités
s’offrent à eux. Les serveurs de fichiers sont protégés
par des mots de passe, les bases de données sont chiffrées
: où peut-on voler de telles informations ?
Pour ceux qui douteraient encore du risque engendré par les logiciels espions, se reporter à la récente affaire Sony [3] ou à l’affaire Heprati [4].
Trois idées maîtresses sous-tendent cette prévention : Diviser pour mieux régner, Know Yourself et Know Your Ennemy.
Comme nous l’avons vu précédemment, l’aspect « complet » des données leur donne une valeur marchande incontestable. L’inverse est également dangereux. L’explosion du nombre de serveurs de données devient alors dans le temps une source de problèmes pour la sécurisation des ressources. Il est possible d’imaginer une granularité à 4 niveaux. Chaque niveau hérite des propriétés du niveau inférieur.
Une
question d’organisation Le marché des logiciels de sécurité sur ce sujet est naissant. Des solutions de filtrage commencent à apparaître. Elles sont généralement basées sur la détection de documents sortant de l’entreprise. Mais sans une discipline drastique de TAGGING de données et donc d’organisation, ces solutions ne peuvent être efficaces.
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La null-session existe toujours »
Il s’agit d’une fonctionnalité de Microsoft Windows permettant de partager facilement des fichiers de son ordinateur sans aucun mot de passe.En utilisant un scanner de partage de fichiers (ici GFI Languard) et en exploitant la null-session, un espion découvre très rapidement les partages oubliés par les utilisateurs.La capture ci-contre illustre l’utilisation d’un scanner de partage : l’ensemble du réseau est parcouru automatique et les partages disponibles sont affichés. L’espion découvre alors le partage appelé « marc » sur l’ordinateur Vaiomarc. Avec un simple double-clic, le contenu du répertoire partagé est affiché et des fichiers sensibles peuvent être copiés. Cette faille n’a jamais été retirée du système Windows, car il s’agit d’une fonctionnalité très pratique, mais qui devient très dangereuse si l’utilisateur ne prend pas garde à ce qu’il partage.
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« Les logiciels Espions
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Dès la connexion de l’agent à sa machine, deux canaux sont ouverts : un canal http-GET pour les flux descendants (dans une réponse 200-OK infinie) et un canal http-POST pour les flux montants.Une fois un tel agent installé, l’espion se comporte comme s’il était en interne. Plusieurs tunnels sont alors ouverts : des connexions Citrix ou TSE, des sessions sur les serveurs de fichier, des keyloggeurs ou encore des sniffers de mots de passe.Cette technique n’est pas réservée aux pirates. Il est possible de citer l’excellent logiciel de maintenance GotoMYPC qui utilise cette technique. Webographie [1]
L’Affaire Valéo : « Valéo : la menace venait
de l'intérieur » [2]
Faille du driver de partage d’imprimante Lexmark publiée
en Février 2006. [3] : L’Affaire Sony CD DRM : Un rootkit était présent sur les Cdrom Sony. Sony a confirmé l’information. « Sony Secretly Installs Rootkit on Computers » par Bruce Schneier http://www.schneier.com/blog/archives/2005/11/sony_secretly_i_1.html [4]
L’affaire Heprati. L'économie d'Israël ébranlée
par un logiciel espion.
Xmco Partners est un cabinet de conseil en sécurité informatique, spécialiste du test d'intrusion dans le cadre des applications e-Business. Cet article a été rédigé par Frédéric Charpentier, consultant en tests d'intrusion au sein du cabinet Xmco Partners pour l'édition papier du magazine Mag Securs, Le Magazine Européen de la Sécurité Informatique.
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